Nouveaux anticoagulants oraux : une réévaluation du service médical rendu

Nouveaux anticoagulants oraux : une réévaluation du service médical rendu

Vous devez avoir un compte validé sur le site de la revue Neurologies. .


Abonnez-vous à la revue !
Accès complet aux sites Internet santé : Archives des revues, lecture en ligne, contenus réservés


Inscrivez-vous gratuitement
Accès restreint aux sites Internet santé sans un abonnement à une revue !

Dans un communiqué du 26 janvier, la Haute Autorité de Santé indique que la Commison de la Transparence a réévalué les trois anticoagulants oraux d’action directe (AOD ; ou “nouveaux anticoagulants oraux”, NACO) sur le marché dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux et embolies systémiques chez les malades ayant une fibrillation atriale non valvulaire. La HAS indique que, sur la base des données disponibles, elle a hiérarchisé ces médicaments. La nécessité ou pas de suivre l’anticoagulation ainsi que l’absence d’antidote sur le marché l’ont poussé à positionner ces médicaments en 2e intention après les antivitamines K, qui restent le traitement de référence. La HAS indique qu’une nouvelle évaluation sera effectuée dans un an.
Les trois NACO disponibles sont l’apixaban (Eliquis ®), le dabigatran (Pradaxa®) et le rivaroxaban (Xarelto®). Ils ont des modes d’action différents : le dabigatran est un inhibiteur direct de la thrombine, les deux autres molécules sont des inhibiteurs directs du facteur Xa.
La Commission de la Transparence a conclu que :

  • le service médical rendu reste important pour Eliquis® et Xarelto® ;
  • il est modéré pour Pradaxa® ;
  • l’amélioration du service médical rendu d’Eliquis ® est mineure par rapport aux AVK ;
  • mais il n’y a pas d’amélioration du service médical rendu par rapport aux AVK pour Pradaxa® et Xarelto®.

Dans la stratégie de prévention des événements vasculaires, elle considère :

  • qu’ils doivent, dans l’état actuel des connaissances, être prescrits en 2e intention, compte tenu de l’absence d’antidote (mais des produits sont en cours de développement) et de l’absence de possibilité de mesurer en pratique courante le niveau d’anticoagulation ;
  • qu’ils sont à réserver aux patients : sous AVK pour lesquels le maintien de l’INR (International Normalized Ratio) désiré dans la zone cible n’est pas assuré malgré une observance correcte ; pour lesquels les AVK sont contre-indiqués ou mal tolérés ou qui acceptent mal les contraintes liées à la surveillance de l’INR.

En avril 2014, l’ANSM avait rédigé une synthèse indiquant que ces AOD sont d’utilisation complexe (classe de médicaments hétérogènes en termes de recommandations d’utilisation et de profils pharmacologiques) et représentent une pratique d’utilisation nouvelle pouvant être à l’origine d’une utilisation inappropriée. Ce rapport soulignait aussi l’absence de recommandations robustes concernant la mesure de leur activité anticoagulante dans certaines situations (surdosage/surexposition, chirurgie/acte invasif urgents à risque hémorragique, etc.), et la prise en charge des saignements graves, en l’absence d’antidote spécifique ou de protocole d’antagonisation.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire