14e réunion du groupe PEPS – Éditorial

Le groupe d’experts PEPS (Partage d’Expériences et de Pratiques sur la SEP) s’est à nouveau réuni lors d’une session de travail les 28 et 29 septembre 2018 à Lyon, afin d’élaborer, à partir des données de la littérature, une synthèse autour de deux thématiques : la problématique de la grossesse et de la SEP présentée par le Pr Sandra Vukusic (Lyon), et les biomarqueurs dans la SEP présentée par le Pr Éric Thouvenot (Nîmes).

Concernant la première thématique sur la grossesse, le Pr Sandra Vukusic reprend les données de la littérature, qu’il s’agisse de données d’études cliniques pivots, d’études post enregistrement, d’études de données de vraie vie (cohortes) ou de registres de grossesse concernant la gestion des traitements de fond pendant la grossesse.
La poursuite de ces traitements peut être maintenant possible avec certaines molécules, mais pour la quasi-totalité des traitements, il s’agit d’une contre-indication, soit du fait d’un effet tératogène connu, soit de l’absence de données scientifiques suffisantes. Cette décision du maintien du traitement de fond au cours de la grossesse est le fruit de la réponse à une double interrogation : quel risque pour l’enfant si je maintiens le traitement ? Quel risque pour la mère si j’arrête le traitement ?
À ce jour, il n’y a pas de réel consensus, mais nous avons la possibilité de poursuivre certaines molécules si le risque d’arrêt est trop important pour la mère. L’arrêt d’un traitement pour désir de grossesse doit être évalué au cas par cas, en tenant compte de la possibilité d’un rebond ou d’une reprise de l’activité inflammatoire chez la mère, surtout si la grossesse n’est pas immédiate. Pour plusieurs molécules, l’arrêt se fait au moment du diagnostic de grossesse.

Certaines situations ont été par la suite abordées :
• Celle de la procréation médicalement assistée (PMA).
• Celle de la prévention des poussées du post-partum dans les cas où le traitement ne peut être repris rapidement, ou si le délai d’action du traitement est long.
• Enfin, celle de l’allaitement : la décision d’allaiter est un choix personnel.

La deuxième thématique, abordée par le Pr Éric Thouvenot, concernait les biomarqueurs dans la SEP. Cette présentation, reprenant les données exhaustives de la littérature, a permis de discuter des biomarqueurs biologiques les plus pertinents. Ceux-ci sont surtout issus de la physiopathologie de la SEP. Ce sont des biomarqueurs sériques ou du liquide céphalorachidien (LCR). Il peut s’agir de molécules (protéines, peptides, ARN) ou de cellules (cellules immunitaires, neurones, glie, barrière hémato-encéphalique : BHE).

Parmi les facteurs de risque, on retiendra le rôle de certains facteurs environnementaux, parmi eux des facteurs de risque « modifiables », notamment la consommation de tabac ou l’hypovitaminose D. Certains facteurs « non modifiables », notamment génétiques (hérédité, gène de susceptibilité) ou hormonaux ont également été abordés.
À ce jour, il n’y a pas de marqueur biologique de dépistage.

Vous trouverez ainsi dans ce numéro spécial, un compte-rendu de ces deux thématiques, compte-rendu réalisé suite aux échanges des différents experts ayant abouti à ces documents consensuels, qui nous aideront dans notre pratique quotidienne.

Bonne lecture…