Le burn-out chez les médecins : état des lieux

Terrence Cascino a terminé son mandat de président de l’AAN cette année en présentant en séance plénière les résultats d’une enquête réalisée auprès de 1 671 neurologues nord-américains : 60 % d’entre eux présentent des signes de burn-out : les moins touchés sont les épileptologues, les plus touchés sont les urgentistes. Les neurologues ayant répondu à cette enquête avaient en moyenne 51 ans, la majorité pratiquant en exercice libéral depuis 17 ans et travaillant plus de 56 h par semaine. Pourtant, 67 % choisiraient d’être neurologue si c’était à refaire…

État des lieux sur le burn-out en médecine

Exercer la médecine peut être professionnellement très gratifiant : échanges humains, diagnostic dans des situations complexes avec mise en place de traitements personnalisés, suivi de patients en lutte contre leur maladie ou pour leur survie et avancées en recherche importantes, avec une traduction souvent directe dans la pratique clinique.
Certaines spécialités sont plus exposées que d’autres et le syndrome d’épuisement professionnel a été décrit initialement chez les oncologues, les anesthésistes et les étudiants en médecine. Oncologie et anesthésie sont des spécialités où les médecins seraient plus souvent confrontés à des décisions engageant la vie et la mort de leur patient, à des choix thérapeutiques utilisant des molécules toxiques à fenêtre thérapeutique étroite et pour lesquelles existe un équilibre précaire entre les bénéfices/risques des soins donnés pour un gain de survie souvent limité [1-3]. Parallèlement aux questions existentielles quotidiennes, les médecins doivent maintenir leur niveau de connaissances et assimiler toutes les nouvelles avancées scientifiques et thérapeutiques à un rythme très soutenu. Ceci est maintenant vrai pour la plupart des spécialités.  Ce n’est qu’en 2014 que paraissent les premières études chez les neurologues [4-6]. Ils démontrent que cette spécialité émarge en troisième position du risque de burn-out, dans une profession pour laquelle plus de la moitié des praticiens rapportent au moins un symptôme de burn-out. En exercice hospitalier ou libéral, il existe actuellement une augmentation des charges administratives avec une course au rendement, une perte progressive d’autonomie et une réglementation de plus en plus importante auxquelles doit faire face tout médecin. Cette surcharge administrative peut également être responsable d’une souffrance personnelle et se manifester de diverses manières, dont la dépression, l’anxiété, la souffrance psychologique et la fatigue.

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