L'expertise scientifique

Cas clinique

Une jeune femme droitière de 39 ans avec un antécédent de migraine sans aura se présente aux urgences pour l’apparition brutale de troubles du langage depuis 2 heures.

Examen clinique

• Pas de trouble de compréhension, pas de modification de la fluence verbale. Pas de dysarthrie.
• Accent d’allure anglophone chez une patiente de langue française maternelle.
• Reste de l’examen neurologique sans particularité.

Quel syndrome évoquez-vous ?
➙ Syndrome de l’accent étranger

Quelle est votre prise en charge en urgence ?
➙ Alerte AVC
➙ IRM cérébrale

À l’IRM cérébrale, un accident ischémique sylvien superficiel droit avec occlusion d’une branche distale de l’artère cérébrale moyenne droite est visualisé (incluant la région insulaire et le gyrus précentral droit) (Fig. 1).
Une fibrinolyse intraveineuse par altéplase est administrée.

Le lendemain, l’imagerie de contrôle montre l’infarctus sylvien superficiel droit sans transformation hémorragique.
L’examen neurologique est stable avec la persistance d’un accent anglophone. Le bilan orthophonique approfondi confirme la dominance de la latéralité à droite (test d’Edinburgh, Tab. 1) et l’absence de signe d’aphasie. L’utilisation de la BECD (Batterie d’évaluation clinique de la dysarthrie) ne retrouve pas de dysarthrie. Pourtant, la comparaison de l’état actuel avec des enregistrements vidéo antérieurs à l’AVC valide l’apparition d’un syndrome dit de l’accent étranger.
L’articulation de la patiente semble désormais incorrecte, même s’il n’y a pas de réelle substitution, addition ou omission de phonèmes. La production des consonnes apparaît affectée par l’imprécision des mouvements de la langue. Ce phénomène affecte particulièrement les consonnes dites alvéolaires (c’est-à-dire les consonnes dont le lieu d’articulation se situe au niveau des alvéoles des dents de la mâchoire supérieure) : le /l/ et le /r/ s’en trouvent distordues. La prononciation des voyelles est elle aussi perturbée et le /i/ et /y/ se rapprochent du /e/ et du /u/. Ces modifications du son de certains phonèmes secondaires à une programmation inappropriée des mouvements de la langue et de la cavité buccale donnent l’impression d’un accent anglais.

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