Gaucher et Niemann-Pick : deux maladies avec une composante extrapyramidale, à bien reconnaître pour un traitement ciblé !

À la lumière des progrès de la neuro-génétique et de la pharmacologie, on commence à mieux connaître l’étiopathogénie de certaines maladies extrapyramidales neuro-dégénératives, avec éventuellement à la clé un traitement spécifique. Nous mettons en évidence deux exemples aboutissant récemment à une thérapie ciblée en sus du traitement symptomatique usuel. La maladie de Gaucher et la maladie de Niemann-Pick type C sont détaillées au plan clinique et biologique. Nous mettons en particulier en exergue l’importance des diagnostics différentiels et les possibilités de traitement ciblé.

Introduction

Les progrès de la neurogénétique et de la pharmacologie permettent de progressivement démembrer les affections extrapyramidales neurodégénératives en précisant, dans certains cas, l’étiopathogénie ; ce qui ouvre dès lors la porte à des traitements spécifiques. Depuis 1997, date de la première mise en évidence d’une anomalie génique (concernant l’α-synucléine) dans la maladie de Parkinson, l’étiologie de celle-ci paraît être surtout d’ordre génétique – et très occasionnellement de type environnemental, d’autant que, selon les connaissances actuelles, environ 40 gènes sont susceptibles de favoriser l’éclosion d’une maladie de Parkinson [1, 2]. Parmi eux, nous mettons en exergue le gène de l’enzyme β-glucocérébrosidase appelé GBA1. Les mutations homozygotes de ce gène engendrent un déficit fonctionnel de cet enzyme aboutissant à la maladie de Gaucher, la plus fréquente pathologie de stockage de sphingolipides tant au niveau viscéral que cérébral [3].

Une forme génétique de maladie de Parkinson : la maladie de Gaucher

En 1882, Philippe Gaucher (1854-1918) présente, à Paris, sa thèse de doctorat de médecine : il rapporte l’observation d’une patiente de 32 ans démontrant splénomégalie, hépatomégalie, retard pubertaire à 20 ans et des tendances hémorragiques. Il décrit ainsi la maladie qui portera son nom. Actuellement, cette affection est reconnue d’origine génétique, à transmission autosomique récessive (chromosome 1), sur base d’une mutation du gène codant pour la glucocérébrosidase, enzyme lysosomale permettant d’hydrolyser les gluco-cérébrosides ou glucosylcéramides (glycosphingolipides abondant dans les membranes cellulaires) en céramide et glucose, réaction nécessitant la saposine-C comme cofacteur. L’incidence générale en est de 1/50 000 naissances ; dans la population juive ashkénaze, elle atteint 1/800 naissances. Actuellement, on recense environ 300 mutations de ce gène GBA1.

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