La neurologie, il y a 100 ans, buissonnait : bourgeons prometteurs, inventions,
améliorations, branches mortes de la recherche… N’oublions pas nos Anciens !
À tout seigneur, tout honneur : on célèbre en mai 1925 le centenaire de la naissance de Jean-Martin Charcot (1825-1893). Joseph Babinski préside les festivités, et le Président de la République (Gaston Doumergue) honore de sa présence la cérémonie tenue à la Sorbonne. Cent ans plus tard, en 2025, le bicentenaire de la naissance de Charcot sera célébré avec plus de recul, mais non sans faste (charcot2025.fr).
La Société de neurologie de Strasbourg, “filiale” de la Société neurologique de Paris,
tient sa première réunion en janvier 1925 sous la présidence de Joseph Babinski. Le maître des lieux, Jean Alexandre Barré (1880-1967), ancien élève de Babinski, inaugure les discours. Il est le premier signataire des cinq communications à l’ordre du jour. Quant à Babinski, il fait une conférence sur “l’interrogatoire en clinique et les symptômes subjectifs”. Il rapporte notamment l’histoire d’une femme qu’il avait examinée étant interne. Elle se plaignait de céphalées, vite cataloguées hystériques, avant qu’une autre patiente ne vint tirer Babinski par la manche en lui disant : « Vous êtes dans l’erreur ; la nouvelle venue n’est pas du tout hystérique (…) C’est du sérieux. » Ce que confirma son décès rapide, lié à une tumeur cérébelleuse. Une leçon dont Babinski dit avoir tiré profit… Il poursuit en renouvelant la critique des conceptions de l’hystérie de Charcot (sans le nommer), tout en constatant la quasi-disparition des hémianesthésies et des rétrécissements du champ visuel.
La Société neurologique de Paris, future Société française de neurologie, fête son 25e anniversaire. Le Président est Georges Guillain (1876-1961). Henry Meige, après 20 ans à ce poste, quitte la fonction de secrétaire général, remplacé par le président précédent, Louis Crouzon (1874-1938). La Société accueille quelques nouveaux membres, en particulier Gabrielle Lévy (1886-1934).
La deuxième réunion de Strasbourg voit Guillain retrouver Barré.

Parmi les communications à la Société neurologique de Paris, on relève l’exérèse 

Willi (Wilhem) Kleine (1897-1968), neurologue à Francfort, publie cinq cas 

Dans un livre publié chez Doin (Étude clinique et anatomopathologique des syndromes neuroanémiques, en particulier des dégénérescences combinées subaiguës de la moelle avec anémie), Pierre Matthieu réunit sous le nom de syndrome neuro-anémique les complications périphériques, médullaires et encéphaliques des anémies. Les travaux sur la vitamine B12 et son rôle en pathologie n’apparaîtront qu’à partir des années 1950.
Parution du livre Die Dytoerchitektonik der Hirnrinde des erwashsenen Menschen (La 

nerf trijumeau dans la fosse postérieure afin de traiter la névralgie du trijumeau.
Charles Sherrington (1857-1952), neurophysiologiste britannique,

Plusieurs décès sont à déplorer, notamment ceux de :

pour ses travaux sur l’apraxie ;
– Adolf Strümpell (1853-1925), neurologue allemand, dont le nom est associé à la paraplégie spastique héréditaire, qu’il a décrite en 1880, 
– Armand de Watteville (1846-1925), neurologue né à Londres d’une famille suisse, complètement oublié, mais qui fut l’un des premiers éditeurs du journal Brain et forgea probablement le premier le terme neurologue (neurologist).
Et quelques naissances à cé
– Michel Jouvet (1925-2017), grand spécialiste lyonnais du sommeil, à qui l’on doit, entre autres, l’individualisation du sommeil paradoxal ;
– Patrick Wall (1925-2001), neurophysiologiste anglais, spécialiste de la douleur, auteur avec son collègue Ronald Melzack (1929-2019) de la théorie de modulation de la douleur (gate control) à laquelle leur nom est attaché.
Aucun prix Nobel de médecine ou physiologie n’est attribué cette année-là, faute de consensus.


