1. Acide folique à haute dose : un risque oncologique chez la femme
L’acide folique est un élément vital du métabolisme carboné, nécessaire à la synthèse et à la réparation de l’ADN. Si sa supplémentation avant et pendant la grossesse est recommandée pour réduire les malformations du tube neural, les dosages varient de 0,4 à 4 mg sans consensus strict. Une étude de cohorte nordique d’envergure, portant sur plus de 1,4 million de femmes, a examiné l’effet d’une dose élevée d’acide folique (≥ 1 mg par jour) prescrite dans un contexte de prévention des malformations fœtales au cours de la grossesse [1]. Les résultats mettent en évidence une augmentation de 20 % du risque global de cancer chez les mères exposées (HR ajusté = 1,20 ; IC 95 % [1,10–1,20]). Ce surrisque apparaît particulièrement marqué pour le lymphome non hodgkinien, avec un risque multiplié par deux (Fig. 1). En revanche, aucune augmentation du risque de cancer du sein n’a été observée, pourtant il s’agit du cancer féminin le plus fréquent. Chez les femmes épileptiques, le même surrisque global de cancer était retrouvé, sans excès de risque supplémentaire lié à l’épilepsie ou à son traitement, suggérant un effet indépendant du statut épileptique. Également une absence de relation dose-réponse : aucun effet dose cumulé n’a été par ailleurs observé, suggérant que d’autres mécanismes biologiques sont en jeu.
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