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Mise en route de la pompe à apomorphine : l’avènement du domicile

La pompe à apomorphine fait partie de l’arsenal thérapeutique dans la prise en charge des patients atteints de maladie de Parkinson. Sa prescription est encore trop souvent restreinte pour des raisons d’accessibilité. Une mise en place à domicile pourrait en faciliter l’accès sous réserve du savoir-faire du neurologue prescripteur et de l’existence d’un prestataire de service familiarisé avec ce dispositif.
Dans l’indication classique des fluctuations motrices, la titration initiale de l’apomorphine doit être progressive pour obtenir un débit entre 2,5 mg/h et 4 mg/h à J8. À ce stade, les traitements per os peuvent commencer à être réduits selon les objectifs souhaités (nombre de prises, tolérance des agonistes dopaminergiques, intensité des fluctuations…).
L’ajustement posologique se fait ensuite au fil des consultations et lors des échanges avec l’infirmier du prestataire.
Ainsi, en quelques semaines, un nouvel équilibre thérapeutique peut être obtenu avec, quand cela est possible, l’acquisition par le patient et/ou son aidant d’une autonomie vis-à-vis du dispositif.
Cette procédure semble donner satisfaction aux différents acteurs de la prise en charge : elle paraît aussi efficace que la mise en place en milieu hospitalier, n’engendre pas plus d’effets secondaires ni d’arrêt de traitement et la tolérance globale est bonne.
Quant à la qualité de vie, elle semble améliorée, tant du point de vue du patient que de celle de l’aidant.
Sous réserve de prérequis (protocole d’instauration, disponibilité et suivi coordonné par le prestataire et le neurologue), cette modalité, plus économique que l’hospitalisation, devrait permettre une meilleure accessibilité à cette thérapeutique pour les malades au profil sélectionné qui relèvent de cette indication. La diffusion de ce savoir-faire parmi les neurologues des centres hospitaliers généraux ou libéraux permettra également sa prescription dans des situations plus complexes (troubles de déglutition, troubles du sommeil, chirurgie digestive, soins palliatifs…) afin d’éviter les interruptions intempestives de traitement et leurs complications.