L'expertise scientifique

rencneuro

Dépistage de l’amyotrophie spinale en Belgique : les résultats des 150 000 premiers dépistages

L’amyotrophie spinale, autrefois maladie mortelle du nourrisson dans sa forme la plus grave, a connu un développement thérapeutique important au cours de ces dernières années, grâce à la validation puis à l’approbation de trois traitements innovants qui ont transformé le pronostic de cette maladie dégénérative. L’amyotrophie spinale est une maladie génétique récessive causée dans la plupart des cas par une délétion homozygote du gène SMN1, entraînant l’absence de production de la protéine de survie des motoneurones SMN, avec pour conséquence la mort des motoneurones et ainsi, l’absence de stimulation des muscles. Elle provoque dans sa forme la plus grave une hypotonie sévère associée à des troubles respiratoires menant dans 90 % des cas au décès avant l’âge de 2 ans. Trois traitements ont été approuvés depuis 2017 et font preuve d’une certaine efficacité : le nusinersen, l’onasemnogene abeparvovec (thérapie génique) et le risdiplam. Néanmoins, si un traitement post-symptomatique permet une amélioration de la fonction motrice, de la survie et de la qualité de vie de l’enfant, un traitement précoce, idéalement à la naissance, permet un développement moteur normal chez la majorité de ces enfants. Le dépistage néonatal a été mis en place sous la forme d’un projet pilote en Fédération Wallonie-Bruxelles en mars 2018, avant d’entrer dans le programme officiel en mars 2021. Plus de 150 000 nouveau-nés en ont bénéficié, dont 12 ont été identifiés et traités rapidement. L’amyotrophie spinale constitue donc un premier exemple de screening néonatal génétique menant à la disparition progressive de la forme sévère de la maladie.

L’amyotrophie spinale

L’amyotrophie spinale (SMA) 5q- est une maladie autosomique récessive [1] et constitue la cause génétique la plus fréquente de mortalité infantile. L’incidence est d’environ 1 sur 10 000 naissances [2, 3], soit environ 12 nouveaux patients en Belgique chaque année, et de 1 sur 6 000 naissances, soit environ 120 nouveaux cas par an en France. Elle est liée dans 95 % des cas à une délétion homozygote du gène SMN1, les 5 % restants étant causés par une délétion hétérozygote et une mutation ponctuelle sur l’autre allèle. Cette délétion entraîne l’absence de production de la protéine de survie des motoneurones SMN (Survival of Motor Neuron), impliquée dans de nombreuses fonctions cellulaires, y compris et surtout le complexe splice-osomal. En l’absence de la protéine SMN, les motoneurones meurent et ne peuvent plus stimuler les muscles qui s’atrophient. Environ 49 personnes sur 50 possèdent deux copies fonctionnelles du gène SMN1, 1 personne sur 50 est porteuse asymptomatique d’une délétion hétérozygote. La SMA survient lorsque les deux copies du gène SMN1 d’une personne sont mutées. Il existe, en plus du gène SMN1, un autre gène étroitement lié, le gène SMN2. Il est très proche de SMN1, mais présente une mutation d’une paire de bases qui génère un épissage quasi systématique de l’exon 7 lors de l’épissage de l’acide ribonucléique (ARN). La quantité de protéine fonctionnelle résultant de la lecture de SMN2 est donc très limitée. Selon le nombre de copies de SMN2, la maladie sera plus ou moins grave et plus ou moins précoce : une copie conduit à une forme sévère néonatale, quatre copies ou plus à la forme moins sévère, qui apparaît plus tardivement [4].

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles