La iatrogénie cognitive : savoir l’identifier chez le sujet âge

La iatrogénie cognitive peut se définir comme la diminution de la réserve cognitive, l’apparition ou l’aggravation de troubles neurocognitifs et affecter les fonctions cognitives globales ainsi que les performances cognitives. Elle constitue un événement indésirable médicamenteux essentiel à prendre en compte et à anticiper dans le cadre de la prise en charge des patients âgés. Sa survenue résulte d’une interaction complexe entre facteurs de risque prédisposants et facteurs de risque précipitants. Les médicaments anticholinergiques et/ou sédatifs, seuls ou accumulés au sein d’une prescription, sont impliqués dans la survenue de la iatrogénie cognitive chez les patients âgés. Ainsi, leur identification puis leur limitation ou leur suppression doivent être mises en œuvre autant que possible en vue d’optimiser et de sécu- riser la prise en charge médicamenteuse chez ces patients âgés.

La iatrogénie cognitive

Même si le médicament est une composante fondamentale de la prise en charge des patients âgés, les risques liés à la prescription médicamenteuse sont majorés dans cette population [1, 2]. La iatrogénie médicamenteuse chez ces patients est associée à une augmentation de la morbidité, de la mortalité et du risque d’événements indésirables liés au médicament, à un accroissement du recours au système de soins et des coûts de prise en charge ainsi qu’à une altération de la qualité de vie [3-5]. La iatrogénie cognitive peut se définir comme la diminution de la réserve cognitive, l’apparition ou l’aggravation de troubles neurocognitifs. Elle constitue un événement indésirable médicamenteux essentiel à prendre en compte et à anticiper dans le cadre de la prise en charge des patients âgés, notamment du fait de la diminution de leur réserve cognitive (fragilité cognitive) et du nombre croissant de patients atteints de troubles neurocognitifs. Cet article s’intéressera tout particulièrement à la iatrogénie cognitive, sans pour autant aborder le syndrome confusionnel (delirium en anglais) correspondant à un effondrement global des fonctions cognitives, d’apparition brutale, associé à des perturbations fluctuantes de la vigilance pouvant également être d’origine médicamenteuse. La iatrogénie cognitive peut toucher les fonctions cognitives globales et les performances cognitives telles que le temps de réaction, l’attention, la mémoire verbale, la mémoire visuo-spatiale, les praxies visuo-constructives, les tâches langagières, les fonctions exécutives et la mémoire verbale épisodique. Elle semble associée à la survenue de troubles neurocognitifs mineurs et également neurocognitifs majeurs (démence). Toutefois, les conséquences sur la cognition sont variables selon les patients, notamment du fait des comorbidités et d’une altération préexistante des fonctions cognitives, et selon les médicaments incriminés (avec notamment le nombre de médicaments, les posologies, les durées de traitement et les interactions médicamenteuses).

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