Traitement des addictions : La seconde vie du baclofène

Bien connu des neurologues, le baclofène s’offre une seconde vie dans le traitement des addictions, et plus spécifiquement dans la dépendance à l’alcool. Dans ce cas, il est utilisé à autes doses, c’est-à-dire en théorie jusqu’à 300 mg/j et parfois même davantage. Cette utilisation, initialement purement empirique, suscitait des inquiétudes de santé publique. Elle fait désormais l’objet d’une mesure officielle d’encadrement par l’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des produits de santé (ANSM), en l’attente d’une probable autorisation de mise sur le marché en cas de résultats concluants des essais cliniques réalisés depuis 2012.
L’histoire particulière de cet usage a permis à un dispositif original d’encadrement des prescriptions hors AMM de voir le jour dans la région Nord-Pas-de-Calais. Ce dispositif, baptisé CAMTEA, est issu d’un partenariat entre services cliniques et centre régional de pharmacovigilance. Il permet une information et un suivi complets des patients, avec une traçabilité exhaustive et une analyse détaillée de tous les événements indésirables survenant pendant le suivi. Ce dispositif peut servir de base pour l’encadrement de situations de prescriptions hors AMM se diffusant rapidement au sein des pratiques médicales.

Introduction

Le nom de baclofène sonnera certainement comme familier à l’oreille de nombreux neurologues. Vers le milieu des années 1970, cet agoniste des récepteurs de type B à l’acide gamma amino-butyrique (récepteurs GABAB) a reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour des indications de spasticité neurologique. Dans cet emploi labélisé, il peut être utilisé sous forme orale, jusqu’à 80 mg/j en ambulatoire, et jusqu’à 120 mg/j à l’hôpital. Des utilisations neurologiques, à des doses hors-AMM atteignant 400 mg/j, ont également été rapportées chez des patients ambulatoires [1]. Le baclofène passe en effet assez mal la barrière hémato-encéphalique [2] et, pour cette raison, il peut aussi être utilisé directement en intrathécal en cas de spasticité sévère, après des traumatismes cérébraux ou dans la sclérose en plaques.

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