Troubles de la fonction visuelle et troubles du spectre autistique : quel lien ?

Nous décrivons ici comment des troubles visuels et neurovisuels peuvent altérer la relation au monde et rapportons, parallèlement, les troubles visuo-attentionnels, oculo-moteurs et neurovisuels qui existent dans l’autisme. Bien qu’un nombre important de ces déficits et de ces atypies soit connu et documenté, il n’existe à l’heure actuelle aucun modèle théorique permettant de comprendre comment des anomalies du traitement de l’information visuelle interagissent entre elles et contribuent aux perturbations de l’interaction sociale. Il serait nécessaire de mieux comprendre le lien entre vision et autisme afin de pouvoir d’une part proposer de nouveaux outils diagnostiques et, d’autre part, mettre en place des approches d’intervention thérapeutique plus précoces et plus efficaces.

Introduction

Dès la naissance, la relation initiale entre le bébé et son environnement est visuelle avant d’être verbale. De plus, les interactions sociales chez l’adulte ne reposent pas uniquement sur l’échange d’informations verbales, mais également sur la capacité à détecter et analyser de façon implicite des informations non verbales essentiellement exprimées par le regard, le langage gestuel, les postures corporelles et les expressions faciales.

De fait, on ne peut réduire la vision à la simple capacité à détecter un stimulus visuel.
• “Voir”, c’est tout à la fois reconnaître son environnement et ses proches afin d’interagir avec le monde extérieur, pouvoir imiter les gestes, y compris articulatoires, afin d’acquérir le répertoire de gestes de communication et d’utilisation des objets, pouvoir ajuster un geste de préhension à l’objet désiré, être à même de se repérer dans l’espace pour se déplacer en évitant les obstacles.
• Mais “Voir”, c’est aussi faire attention visuellement au monde qui nous entoure, pouvoir chercher un objet parmi d’autres, pouvoir comprendre une scène visuelle complexe, une figure ambiguë ou un tableau.
• “Voir” c’est également apprendre à reconnaître le langage écrit ou tout autre symbole, contrôler le geste graphique ou encore organiser son écriture sur une page ou organiser spatialement toutes les étapes nécessaires au calcul.
• Enfin, “Voir”, c’est percevoir et décoder visuellement les émotions d’autrui, sourire en réponse au sourire de l’autre, ou encore reconnaître les visages, les animaux ou les lieux familiers afin d’y réagir de manière adaptée.

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles