Actualités sur les troubles vésico-sphinctériens post-AVC

Résumé

Les troubles vésico-sphinctériens dans le post-AVC sont fréquents. Ils sont un facteur de mauvais pronostic fonctionnel de l’AVC. La prise en charge de ces troubles à la phase aiguë, notamment la rétention urinaire, est primordiale. En cas de persistance, la réalisation de bilans complémentaires peut se révéler utile pour adapter le traitement. Ils dépendent alors de l’autonomie résiduelle du patient. Un suivi spécialisé est alors recommandé.

Abstract

News about urinary disorders in post stroke phase

Urinary disorders in post stroke phase are commons. They are a factor of poor functional prognosis of stroke. Management of these disorders in the acute phase, mainly urinary retention, is overriding. In the event of persistence, realization of complementary exams can be useful to adapt treatment. Then, They depend on the residual autonomy of patient. A specialized follow-up is recommended.

Introduction

Les troubles vésico-sphincté riens (incontinence et rétention) sont fréquents dans le post-AVC. L’incontinence représente 80 % des troubles vésico-sphinctériens post-AVC. Ils ont un impact direct sur le pronostic de l’AVC, aussi bien sur le plan fonctionnel (récupération) que sur le plan vital, car ils sont corrélés avec les formes sévères d’AVC. Ils sont parfois difficiles à appréhender du fait de leur coexistence avec des troubles urologiques préexistants, en lien avec l’âge moyen des patients présentant un AVC (prostatisme chez l’homme, incontinence urinaire d’effort chez la femme). Toutefois, ils nécessitent d’être appréhendés correctement dès la prise en charge initiale de l’AVC, même si leur évolution naturelle est favorable dans la très grande majorité des cas.

Épidémiologie

Une revue de la littérature estime à 40 % l’incidence de l’incontinence urinaire chez les patients en post-AVC [1]. Celle-ci apparaît plus fréquente chez les patients de plus de 75 ans, majoritairement les femmes, et est liée à la sévérité initiale de l’AVC, ainsi qu’à sa taille. L’évolution de l’incontinence est spontanément favorable avec une persistance de 19 % à 3 mois, 15 % à 1 an et 10 % à 2 ans.

Lorsqu’elle est présente, l’incontinence est un facteur de mauvaise récupération fonctionnelle, un facteur d’institutionnalisation [2], voire un facteur pouvant engager le pronostic vital : 22 % pour un patient avec AVC et troubles urinaires, versus 16 % pour un patient avec AVC sans troubles urinaires [3]. En effet, elle est corrélée avec les formes sévères d’AVC qui se manifestent par un index de Barthel faible, une atteinte motrice du tronc, un déficit moteur plus important et des troubles neuro-psychologiques (héminégligence) [4].

Il y a moins de données épidémiologiques sur la rétention urinaire, avec des études plutôt anciennes [5, 6]. Son incidence est ainsi estimée à 20 % à 3 semaines post-AVC.

Elle se retrouve de façon plus importante chez l’homme, et ce, d’autant qu’il existe un antécédent d’hypertrophie prostatique, un âge avancé (> 75 ans), un diabète préexistant, et une médication anticholinergique. Elle est source de complications, avec notamment les infections urinaires qui peuvent allonger la durée d’hospitalisation, voire même engager le pronostic vital, en milieu hospitalier.

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles