Indications et apports de l’EEG en médecine d’urgence et réanimation

La place de l’EEG aux urgences et en réanimation est capitale pour une prise en charge rapide, que ce soit pour faire un diagnostic étiologique, guider la thérapeutique ou évaluer le pronostic. Le monitoring EEG continu (EEGc) devient un outil essentiel quotidien pour suivre l’évolution des patients en état de mal épileptique.

Crises d’épilepsie

Les anomalies EEG en faveur d’une crise d’origine épileptique étant traitées dans un autre chapitre, nous nous focaliserons sur ses indications en urgence. Alors qu’il pourra être différé et réalisé en externe en cas d’un premier épisode évocateur d’une crise épileptique (dans l’idéal, dans les 24-48 heures pour optimiser sa sensibilité), il s’imposera comme examen rapide en présence de certains drapeaux rouges.
Ces signes d’alerte comprennent :
• une confusion ou un déficit focal post-critiques prolongés
(> 30 min), nécessitant d’éliminer des crises infracliniques persistantes ou un état de mal non convulsif (cf. infra) ;
• une hyperthermie, faisant évoquer une encéphalite infectieuse, notamment herpétique, laquelle peut être associée à des anomalies EEG évocatrices (cf. infra) ;
• une intoxication de nature indéterminée, qui peut parfois être précisée par les anomalies EEG (cf. chapitre encéphalopathies) ;
• des éléments cliniques en faveur d’une encéphalite auto-immune – en particulier, l’association à des troubles cognitifs et/ou psychiatriques d’évolution subaiguë < 3 mois – peut également inciter à réaliser un examen dès que possible. Nous rechercherons des anomalies intercritiques de localisation principalement temporale en cas d’encéphalite limbique (Fig. 1), des crises électriques sans traduction clinique, voire des anomalies plus spécifiques, en particulier :
i) des ondes lentes delta (< 4 Hz) diffuses avec un caractère rythmique (Fig. 2), parfois encochées de rythmes rapides dans la bande bêta (20-30 Hz) et caractérisant les Extreme Delta Brush, décrites chez 30-40 % des patients avec une encéphalite à anticorps anti-NMDA (Fig. 3),
ou ii) des déflexions lentes fronto-centrales controlatérales à une crise clinique dystonique brachio-faciale brève, chez des patients avec une encéphalite à anticorps anti-LGI1 (Fig. 4).

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