Neuro-oncologie : « La découverte de biomarqueurs a modifié la prise en charge des patients »

Quelles sont les avancées les plus marquantes de ces dernières années en neuro-oncologie ?

Biomarqueurs moléculaires diagnostiques et pronostiques

Ils ont modifié la prise en charge des patients. Par exemple, il n’est plus concevable aujourd’hui de conclure au diagnostic de gliome avec son seul grade histologique de malignité, sans préciser la présence ou non d’une mutation du gène IDH1/2 et d’une codélétion chromosomique 1p/19q. Cette information est capitale, car la présence de ces biomarqueurs signe une évolution potentiellement beaucoup plus favorable, importante à prendre en compte dans le projet de vie des patients, et, par ailleurs, fait recommander dans les gliomes de grade III l’administration d’une chimiothérapie adjuvante par des alkylants en première ligne de traitement [1, 2]. En l’absence de ces biomarqueurs, les tumeurs sont en revanche beaucoup plus agressives, s’apparentant aux glioblastomes. Au sein même des glioblastomes, la méthylation du promoteur du gène MGMT, qui code pour une enzyme de réparation de l’ADN, est un marqueur pronostique qui est aussi prédictif d’une meilleure chimiosensibilité [3]. Si les techniques et le seuil de positivité doivent encore trouver consensus pour leur utilisation en routine, il est devenu un biomarqueur de stratification incontournable pour tout essai clinique concernant la maladie. L’OMS officialisera cette année ces avancées en intégrant pour la première fois les biomarqueurs moléculaires dans sa nouvelle classification des gliomes.

Chimiothérapie dans les gliomes

La chimiothérapie dès le traitement initial des gliomes diffus n’est plus sujette à controverse.
Les grands essais randomisés internationaux ont définitivement montré l’avantage à compléter la radiothérapie postopératoire par une chimiothérapie, de façon concomitante avec le témozolomide dans les glioblastomes [4], de façon (néo)adjuvante dans les gliomes anaplasiques ayant une codélétion 1p/19q ou une mutation IDH1 [1, 2], et dans les gliomes diffus de bas grade présentant des facteurs de mauvais pronostic (exérèse incomplète ou un âge > 40 ans) [5].
Les recherches s’orientent vers la combinaison de la chimiothérapie avec d’autres approches thérapeutiques, comme les thérapies ciblées et l’optimisation de leur diffusion au travers de la barrière hématocérébrale.

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