Les neuropathies périphériques : des avancées thérapeutiques significatives

Dans cette revue, nous détaillons les nouvelles thérapies ayant prouvé leur efficacité au cours des 12 derniers mois dans les neuropathies acquises et héréditaires. Nous rapportons notamment l’efficacité clinique de nouvelles générations d’agents thérapeutiques dans une neuropathie héréditaire fatale, la polyneuropathie amyloïde familiale (FAP).

Les polyradiculo­neuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques

Les polyradiculoneuropathies inflammatoires démyélinisantes chroniques (PIDC) sont des neuropathies démyélinisantes acquises appartenant au groupe des neuropathies auto-immunes. En l’absence de marqueur spécifique, leur diagnostic repose sur un faisceau d’arguments cliniques, biologiques, électrophysiologiques et évolutifs. Trois traitements ont démontré leur efficacité :
– les immunoglobulines intraveineuses (IgIV),
– les corticoïdes par voie orale,
– et les échanges plasmatiques.
Plus de 70 % des patients sont traités par IgIV périodiquement pendant des années.
Les immunoglobulines sous-cutanées (IgSC) ont été utilisées avec succès chez des patients atteints de syndrome d’immunodéficience primaire depuis plus de 25 ans. L’utilisation des IgSC permet de réduire les effets secondaires systémiques par rapport aux IgIV. Dans une étude prospective ouverte [1], la gravité et la fréquence des céphalées ainsi que les nausées ont été significativement réduites après IgSC par rapport aux IgIV. En outre, l’anémie hémolytique, un des effets indésirables des IgIVs, s’améliore, voire disparaît après le passage aux IgSC.

Les IgSC sont absorbées dans le sang en 24-72 heures, atteignant le pic aigu de la concentration sérique d’IgIV. De plus, lorsque la même dose totale d’IgG est administrée en quatre injections SC hebdomadaires, plutôt qu’une seule perfusion IV mensuelle, un état quasi-stationnaire de la concentration d’IgG est atteint, de 12 à 15 % supérieur à la concentration résiduelle après la perfusion IgIV.
Ces différences de pharmacocinétique expliquent probablement le profil favorable en termes d’effets indésirables systémiques des IgSC par rapport aux IgIV. De plus, les IgSC augmentent l’autonomie et la qualité de vie des patients et réduisent les coûts des soins.
Cependant, l’efficacité, l’innocuité et la tolérance des IgSC hebdomadaires n’avaient jusqu’alors jamais été démontrées par un essai clinique randomisé bien conduit.
Dans un essai randomisé (étude PATH, laboratoires CSL Behring) conçu en double aveugle contre placebo, 172 patients ont été inclus dans 69 centres entre 2012 et 2016 [2]. Le critère principal de jugement était la proportion de patients ayant eu une rechute PIDC ou étant sortis de l’étude, quelle que soit la raison, au cours du traitement par les IgSC (IgPro20) pendant une période de 24 semaines. La rechute était définie comme une augmentation d’au moins un point du score INCAT ajusté pendant l’étude. Les patients ont été répartis au hasard dans 3 groupes : 57 (33 %) dans le groupe placebo, 57 (33 %) dans le groupe à faible dose (0,2 g/kg/semaine), et 58 (34 %) dans le groupe à dose élevée (0,4 g/kg/semaine). Dans l’ensemble, en intention de traiter, 36 patients (63 %) du groupe placebo, 22 patients (39 %) du groupe faible dose et 19 patients (33 %) du groupe forte dose ont rechuté (p = 0,0007). La réduction du risque absolu était de 25 % pour les faibles doses versus placebo (p =0,007), de 30 % pour les fortes doses versus placebo (p = 0,001), et de 6 % pour les doses élevées versus les faibles doses (p =0,32). Un seul effet indésirable grave (une réaction cutanée allergique aiguë dans le groupe à faible dose) a été rattaché au traitement.
Les données de cette étude confirment l’efficacité d’un traitement IgSC hebdomadaire de 0,2-0,4 g/kg. Les résultats indiquent que les 2 doses sont efficaces en termes de stabilité clinique des patients et de prévention des rechutes. Par ailleurs, les 2 doses d’IgSC ont été bien tolérées, avec un bon profil de sécurité. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés étaient les réactions locales au site de perfusion, la plupart de ces réactions étant toutefois modérées.
Les doses d’IgSC d’entretien devraient être individualisées en fonction des précédentes doses d’IgIV et de leur fréquence d’administration.

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