Résumé

Le Parsonage-Turner est un diagnostic facilement évoqué quand il est typique, parfois difficile, et doit toujours rester un diagnostic d’élimination. Nous rapportons ici trois cas cliniques, les deux premiers pour lesquels ce diagnostic a été retenu malgré quelques atypies (Claude Ber nard-Horner initial, déficit contemporain, voire précédant la douleur) et un qui rassemblait les critères diagnostiques, mais pour lequel le diagnostic de tumeur nerveuse a été finalement retenu. Ces cas illustrent la nécessité d’un bilan de diagnostic différentiel et peut-être la nécessité de proposer des critères diagnostiques opérationnels si l’on veut pouvoir réaliser des essais thérapeutiques comme celui de la corticothérapie en phase aiguë par exemple.

Le Parsonage-Turner, ou névralgie amyotrophiante de l’épaule, peut être de diagnostic facile dans sa forme typique, même s’il reste un diagnostic d’élimination nécessitant la réalisation d’un électroneuromyogramme (ENMG) et d’une IRM ciblée sur le lieu présumé de l’atteinte nerveuse (plexus brachial par argument de fréquence). Après un bref rappel de l’entité, seront présentés dans cet article trois cas cliniques servant d’illustration à cette question.

Mise au point

En 1948, Parsonage et Turner [1] ont repris 136 descriptions de névralgie amyotrophiante, avec comme facteurs favorisants ceux rencontrés pendant la Seconde Guerre mondiale : infections, traumatismes, chirurgies, injections de sérum antitétanique…

Depuis, d’autres facteurs associés ont été identifiés, comme l’exercice intense, la grossesse, les nouvelles chimiothérapies [2] et la composante inflammatoire de ce syndrome suspectée donnant lieu à d’autres appellations : plexite aiguë brachiale ou plexopathie brachiale idiopathique. Le terme de névralgie amyotrophiante de l’épaule reste néanmoins un des plus utilisés, car il a le mérite de décrire les traits caractéristiques de cette affection.

Tout d’abord la douleur, qui peut être extrêmement intense, nécessitant des morphiniques, et pouvant mimer un infarctus du myocarde ou une embolie pulmonaire. Sa topographie est variable (Tab. 1), elle est présente dans environ 95 % des cas, souvent continue et exacerbée par le mouvement. Elle peut durer de quelques heures à 8 semaines, et peut même se transformer au stade de séquelles par des douleurs neuropathiques.

Tableau 1 – Caractéristiques de la douleur rapportée dans les Parsonage-Turner.

Topographie de la douleur :

• Épaule (avec ou sans irradiation bras) : 40 %

• Cou avec irradiation bras : 30 %

• Scapulaire ou thoracique postérieure (irradiation bras, poitrine) : 20 %

• Plexus brachial inférieur : 6 %

Durée : quelques heures – 8 semaines

Intensité : absente à extrêmement violente

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles