Savoir penser psy face à une plainte cognitive : entretien, éléments de personnalité et bilan neuropsychologique

Résumé

Dans les pathologies psy, sont volontiers modifiés dans les tests le temps de traitement, les fonctions exécutives, l’attention soutenue, l’évocation libre et la copie de la figure de Rey. Les fonctions instrumentales – langage, praxie, gnosie – sont généralement intègres. L’EPQ-R est un autoquestionnaire qui permet d’évaluer, avec les réserves d’usage, trois traits de personnalité : le neurocitisme, l’extraversion/introversion et le psychoticisme. Les symptômes de la démence fronto-temporale dans son variant comportemental (DFTc) peuvent ressembler à ceux de la dépression et de la bipolarité, mais l’absence de tristesse, le respect du sommeil, les symptômes stéréotypés et non périodiques sont en faveur d’une maladie neurologique.

Abstract : Thinking psy face to a cognitive complaint
Psychopathology are characterized by impairment of performances in tests in term of time of realization, executive functions, continued attention, free recall and copy of the Rey Figure test and by integrity of instrumental capacities: language, praxia and gnosia. In psychology, Eysenck Personnality Questionnaire Revised (EPQ-R) is a questionnaire to assess the personality traits of a person and to distinguish neurocitism, extraversion/introversion and psychoticism. Behavioral variant frontotemporal degeneration (bvFTD) is the form of FTD characterized by progressive changes in personality. Symptoms sometimes seem to be symptoms of depression or bipolarity but patients are never sad, behavioural changes are repetitive without period as mania and sleep is not modified.

Les symptômes comportementaux sont fréquents dans les affections neurologiques et sont souvent intriqués aux symptômes cognitifs. Leur recueil est un temps important de l’entretien.
Il peut s’agir de l’expression d’une maladie neurologique. Par exemple, une dégénérescence fronto-temporale dans son variant comportemental (DFTc) s’exprime volontiers par une apathie, une modification de l’empathie, des stéréotypies et des bizarreries de comportement : l’entretien doit alors vérifier l’absence d’antécédent psychopathologique du patient ou la survenue de symptômes nouveaux [1, 2]. Toutefois, il peut exister une intrication de symptômes chez un sujet présentant une maladie neurologique, mais ayant des antécédents psychiatriques ou des traits de personnalité particuliers (et réciproquement). Dans ces cas, les diagnostics seront difficiles et nécessiteront autant que possible une approche pluridisciplinaire.
Dans les maladies psychiatriques, autant que l’on puisse généraliser, et en tenant compte toujours du sujet, de sa pathologie dans la durée et l’expression et de ses traitements, on peut essayer de rassembler les éventuels troubles cognitifs sous un profil particulier. On observe en effet le plus souvent une modification, si modification il y a :
a) de la vitesse de traitement ;
b) des épreuves évaluant les fonctions exécutives, tâches souvent chronométrées, ce qui les rend particulièrement sensibles ;
c) de l’attention soutenue ;
d) de l’évocation libre ou du temps de récupération en mémoire [3, 4].
De plus, des difficultés en mémoire visuospatiale avec une sensibilité souvent rapportée dans l’épreuve de la figure de Rey chez les bipolaires et dans les troubles obsessionnels sont fréquentes [5]. Ainsi, il faut toujours analyser avec grande prudence les épreuves chronométrées et particulièrement celles évaluant attention soutenue et fonctions exécutives dans une discussion “psy versus neuro”. A contrario, les épreuves mesurant les aptitudes dans les domaines du langage, des gnosies et des praxies ont toutes les chances d’être intègres, dans une psycho­pathologie. Dans le domaine de la mémoire, les rappels indicés et la reconnaissance, si l’encodage soutenu par les fonctions exécutives est efficient, sont en général “assez” efficaces. Enfin, rappelons qu’aucun test ou aucun profil neuropsychologique ne permet de distinguer telle ou telle situation… L’entretien permet toutefois de choisir les outils les plus à même d’établir ou de réfuter un diagnostic clinique possible et de visualiser l’écueil pour le sujet testé : par exemple, la lenteur ou des difficultés à exécuter une double tâche. Et bien sûr, le bilan neuropsychologique ne suffit pas au diagnostic, qui repose sur un faisceau d’arguments et d’examens paracliniques dont les tests font partie.

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles