Troubles urinaires, anorectaux et génito-sexuels après un AVC : évaluation et prise en charge

Résumé
Les troubles urinaires sont fréquents à la phase aiguë de l’AVC, mais ont un taux de rémission spontanée important. Leur persistance est associée à un moins bon pronostic fonctionnel. Pendant la phase aiguë, la gestion de la rétention urinaire est indispensable. Lors de la phase chronique, et suivant la typologie des troubles, des mictions programmées, une stimulation du nerf tibial postérieur, des médicaments, voire des auto ou hétéro-sondages en cas de rétention urinaire peuvent être utilisés. Les troubles anorectaux sont également fréquents, associés à une morbi-mortalité plus importante, mais la rémission de la constipation semble moindre. Leur traitement est symptomatique. Les troubles génito-sexuels sont liés à des barrières physiques, des problèmes spécifiques de fonctionnement sexuel exacerbés par les comorbidités et les médicaments ainsi qu’à des facteurs psychosociaux (stress relationnel, changement d’identité, dépression et anxiété). Leur prise en charge spécifique en fonction de la demande du patient et du couple permet d’améliorer la satisfaction sexuelle.

Abstract
Urinary, bowel and sexual disorders after a stroke. Evaluation and specific management.
Urinary disorders are common in the acute phase of stroke, but have a high rate of spontaneous remission. Their persistence is associated with a poorer functional prognosis. In the acute phase, the management of urinary retention is essential. In chronic phase, and depending on the type of disorder, prompted voiding, posterior tibial nerve stimulation, drugs, intermittent catheterization can be used. Bowel disorders are also common, but the remission of constipation seems to be less frequent. They are associated with higher morbidity and mortality. Their treatment is symptomatic. Sexual disorders are related to physical barriers, specific sexual functioning problems exacerbated by co-morbidities and medications, and psychosocial factors (relationship stress, identity change, depression and anxiety). Their specific management according to the patient’s and couple’s request, allows to improve sexual satisfaction.

Introduction

Les troubles urinaires, anorectaux et génito-sexuels sont fréquents après un accident vasculaire
cérébral (AVC) impactant la qualité de vie des patients mais aussi la charge des soignants et des aidants.
Les troubles urinaires sont secondaires à une anomalie de la phase mictionnelle (dysurie, rétention) et/ou de la continence [incontinence urinaire (IU), hyperactivité vésicale (HAV)] [1], suivant le siège lésionnel de l’AVC, sa diffusion, et d’éventuels accidents antérieurs. Les troubles anorectaux les plus fréquents sont la constipation et l’incontinence fécale (IF) [2, 3].
Les troubles génito-sexuels concernent à la fois le désir, l’initiative, l’érection, la lubrification vaginale et l’orgasme [4]. Même si ces symptômes peuvent directement être imputés aux lésions encéphaliques ou à leurs conséquences, ils peuvent aussi être le fait de comorbidités, nombreuses à l’âge auquel survient généralement l’AVC. Ce terrain (vieillissement, maladies cardio-métaboliques) est associé à l’hypertrophie bénigne de prostate, l’apnée du sommeil (SAS) et par conséquent à une plus forte prévalence d’IU, de nycturie, de dysfonction érectile, etc. Les patients ont donc pour certains déjà ces symptômes avant la survenue de l’AVC mais ceux-ci peuvent se retrouver alors amplifiés.

Les troubles vésico-sphinctériens

Physiopathologie

En conditions normales, l’activité coordonnée de la vessie et des sphincters urétraux se traduit par un remplissage à basse pression et une vidange volontaire. Cette synergie vésico-sphinctérienne est permise par un réseau neuronal distribué à travers les voies para, orthosympathiques et somatique. La phase mictionnelle est initiée par une décision consciente, déterminée par la perception d’une plénitude vésicale et d’une évaluation des conditions «  sociales  » pour réaliser la miction.
Pendant le remplissage vésical, les nerfs sympathiques et pudendaux médient la contraction des sphincters lisse (interne) et strié (externe). Leur contraction maintient la continence, tandis que l’inhibition du détrusor (système sympathique) empêche sa contraction et assure une basse pression. Quand il est jugé approprié d’uriner, le centre mictionnel pontique (PMC) est libéré de l’inhibition tonique des centres corticaux et sous-corticaux cérébraux et l’activation-inhibition réciproque des sphincters-détrusor est inversée. En réponse à la stimulation parasympathique, la contraction du détrusor, accompagnée de la relaxation des sphincters urétraux, entraîne une vidange vésicale rapide et complète (Fig. 1).

La lecture de cet article est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de Neurologies et NeuroTV en illimité
  • Les 10 numéros papier
  • L'inscription gratuite aux Rencontres de Neurologies
  • Les newsletters mensuelles
  • 80 numéros d'archives numériques

ou

Achetez cet article

Ajoutez cet article à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Neurologies.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités de Neurologies et NeuroTV, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles