Épilepsie : « De plus en plus de mutations à l’origine de lésions structurelles identifiées »

Entretien avec Sylvain Rheims (Service de neurologie fonctionnelle et épileptologie et institut des épilepsies, hospices civils de Lyon)

Qu’est-ce qui a changé dans votre pratique sur le plan diagnostique et sur le plan thérapeutique depuis 10 ans ?

Des origines génétiques de plus en plus diversifiées

En termes diagnostiques, le nombre de situations pour lesquelles nous sommes amenés à envisager une origine génétique a augmenté. Le champ des étiologies s’est en effet élargi avec l’identification de mutations à l’origine de lésions structurelles, telles que les mutations dans le gène DEPDC5 associées à des lésions dysplasiques. Même si l’impact thérapeutique de l’identification de ce type d’étiologie, en particulier dans la perspective d’un projet chirurgical, reste à déterminer, cet allongement progressif de la liste des gènes identifiables associé aux progrès des techniques de génétique moléculaire a conduit à élargir les indications de réalisation d’un bilan génétique. La recherche d’une étiologie génétique ne se limite ainsi plus à des patients avec de lourds antécédents familiaux, et la réalisation de panel de gènes entre progressivement dans la pratique courante, y compris dans certains cas sporadiques.

Une offre médicamenteuse plus importante

Depuis 10 ans, le nombre de molécules disponibles a continué d’augmenter avec la commercialisation du rufinamide, du lacosamide, de l’eslicarbazépine et du pérampanel. Bien que cette augmentation de la pharmacopée n’ait à ce jour pas démontré d’impact significatif sur l’épidémiologie de la pharmaco­résistance, leur impact à l’échelle individuelle peut être important en permettant d’apaiser la situation dans des épilepsies très agressives, notamment avec un impact potentiel sur la qualité de vie des patients et sur le risque de mortalité.
Par ailleurs, des premiers traitements pharmacologiques visant le mécanisme causal de la pathologie à l’origine de l’épilepsie ont commencé à apparaître. L’exemple principal est celui de la sclérose tubéreuse de Bourneville dans laquelle un traitement ciblant la dysfonction de la voie mTOR, l’évérolimus, a démontré son efficacité pour diminuer la fréquence des crises. Conceptuellement, il s’agit d’une étape importante démontrant l’efficacité potentielle du ciblage de voies spécifiques et non plus seulement une modification globale de l’excitabilité corticale en ciblant des canaux ioniques.

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