L’EEG est un examen fonctionnel permettant de recueillir l’activité électrique cérébrale. C’est une technique pratiquée de façon très courante, à l’hôpital ou dans le cabinet d’un neurologue. Elle est non invasive, non douloureuse, reproductible plusieurs fois sans aucun danger. Nous pouvons faire des EEG directement au lit du patient, quand celui-ci ne peut pas se déplacer.

Réalisation de l’EEG (Fig. 1 et 2)

Le technicien EEG place des électrodes sur le cuir chevelu. Celles-ci seront maintenues par un casque à lanières de caoutchouc. Il existe aussi des bonnets avec électrodes intégrées. Pour la position des électrodes, nous utilisons le système 10-20, qui fixe proportionnellement la place de chacune des électrodes par rapport à des repères osseux. Sous chaque électrode, il est nécessaire d’appliquer une pâte à l’eau un peu abrasive pour améliorer le contact entre l’électrode et le cuir chevelu.
Chez l’adulte, 21 électrodes (Fp1, Fp2, F3, F4, F7, F8, T3, T4, T5, T6, C3, C4, P3, P4, O1, O2, Fz, Cz, Pz, une terre, une référence) sont placées de façon symétrique, pour couvrir l’ensemble de la tête. Les électrodes sont ensuite reliées à des fils de connexion à l’appareil d’enregistrement de l’EEG. Dans les situations d’urgence, nous utilisons moins d’électrodes, le plus souvent huit électrodes EEG associées à deux électrodes ECG (enregistrement bipolaire).

 

Figure 1 – Exemples d’enregistrement EEG à 21 électrodes. Le casque à lanières, relié à une mentonnière, maintient les électrodes tampons  ; celles-ci sont reliées à la boîte têtière par des fils de connexion. Figure 2 – Box d’enregistrement, le technicien pose le casque à électrodes puis contrôle le tracé du patient sur un ordinateur, il teste la réactivité de l’EEG en réalisant des stimulations.

Déroulement de l’EEG standard

Après l’installation des électrodes, l’enregistrement proprement dit d’un EEG standard dure 20 à 30 minutes. Le patient est installé confortablement dans un fauteuil ou au lit, dans une pièce calme, peu éclairée, afin de favoriser la relaxation.
Une caméra est utilisée pour examiner la relation entre l’EEG et d’éventuelles manifestations cliniques au cours de l’examen.
L’EEG est d’abord enregistré au repos, yeux fermés, puis des ouvertures des yeux de quelques secondes sont demandées, pour tester la réactivité du tracé.
Nous réalisons ensuite des épreuves d’activation, pour sensibiliser la survenue d’éventuelles anomalies :
- l’hyperpnée, qui consiste à inspirer de façon lente et ample, yeux fermés, pendant 3 à 6 minutes. Cette épreuve peut être renouvelée plusieurs fois au cours de l’examen.
À noter que cette épreuve est contre-indiquée en cas d’insuffisance cardiaque ou respiratoire sévère, d’hémorragie intracrânienne récente, d’AVC récent, de maladie de Moya-Moya et de drépanocytose ;
- la stimulation lumineuse intermittente, ou SLI, qui consiste à envoyer des séries d’éclairs lumineux, à des fréquences variables. Il sera demandé durant cette épreuve, d’ouvrir et fermer les yeux pendant quelques secondes. Il n’y a pas de contre-
indication pour cette activation ;
- nous pouvons parfois demander un enregistrement EEG de sieste, dans le but de favoriser l’enregistrement d’anomalies épileptiques, indispensable chez l’enfant.

La Société de neurophysiologie clinique de langue française et la Ligue française contre l’épilepsie ont émis des recommandations françaises concernant la réalisation d’un EEG (avec vidéo) dans les différentes situations qui peuvent se présenter, que ce soit chez l’adulte et chez l’enfant [1].

Les autres types d’examens EEG

EEG au lit

L’EEG peut être réalisé au lit du patient et le technicien EEG se déplace alors dans les services d’urgences ou d’hospitalisations. Le nombre d’électrodes peut alors être réduit, mais doit comporter au moins huit électrodes EEG, deux électrodes ECG et si possible des électrodes EMG. L’enregistrement vidéo est généralement possible sur la plupart des appareils mobiles. Il est souvent très utile en raison de la grande fréquence des mouvements anormaux et des artéfacts en réanimation (myogramme, mouvements involontaires du patient, soins donnés en cours d’enregistrement, appareils électriques comme la circulation extracorporelle, les seringues électriques), qui doivent être reconnus et corrélés aux signaux EEG.

Parmi les autres types d’examen EEG :

EEG de sieste

L’EEG de sieste est réalisé au laboratoire d’EEG, avec au moins 21 électrodes, la durée de l’examen est d’environ 1 heure. Nous prévoyons généralement une privation de sommeil la veille, la principale indication est la suspicion d’épilepsie avec un EEG standard normal.

EEG de 4 heures

L’EEG de 4 heures permet d’augmenter la sensibilité de l’EEG standard en allongeant la durée et parfois en enregistrant du sommeil ; il est particulièrement utile pour le diagnostic, quand le patient présente des épisodes cliniques fréquents, qui seront plus susceptibles d’être enregistrés.

Holter-EEG

Le holter-EEG est un examen ambulatoire, avec des électrodes cupules collées à la surface du cuir chevelu. Il est utile quand les crises surviennent plus facilement dans les conditions de vie habituelles du patient, quand celui-ci a des difficultés pour supporter une hospitalisation, ou quand les crises surviennent la nuit, pour confirmer un diagnostic d’épilepsie, éventuellement quantifier les crises ou observer un rythme nycthéméral des anomalies intercritiques et des crises. Cependant, il est soumis à davantage d’artefacts et n’est pas équipé de vidéo, ce qui limite sa sensibilité.

EEG-vidéo de longue durée

L’EEG-vidéo de longue durée, en hospitalisation, a pour objectif d’enregistrer les crises, en réalisant parfois des sevrages de traitement anti-épileptique, principalement pour le bilan préchirurgical des épilepsies pharmacorésistantes. Des électrodes supplémentaires sont collées en région temporale basse et un SPECT ictal est parfois couplé à l’enregistrement EEG-vidéo de crises.

EEG intracérébral

L’EEG intracérébral après implantation d’électrodes intracrâniennes est un enregistrement 24h/24, destiné à identifier le foyer épileptogène, point de départ des crises, quand celui-ci n’a pas pu être défini par l’EEG-vidéo de surface, dans le bilan préchirurgical des épilepsies focales pharmacorésistantes.

Monitoring EEG continu

Le monitoring EEG continu (EEGc) permet un enregistrement 24h/24 de l’activité cérébrale, couplé à la vidéo, au lit du patient de réanimation. Il est de plus en plus utilisé dans les états de mal épileptiques pour rechercher des crises infracliniques ou la reprise de crises à la levée de sédation, il est indispensable pour la gestion des états de mal réfractaires.n

L’auteur déclare ne pas avoir de lien d’intérêt.

Bibliographie

1. André-Obadia N, Sauleau P, Cheliout-Heraute F et al. Recommandations françaises sur l’électroencéphalogramme. Neurophysiol Clin 2014 ; 44 : 515—612.