L’EAN 2020 à Paris, ou le premier grand congrès international de neurologie virtuel ?

Virtuel s’employait il n’y a pas longtemps encore pour signifier l’absence d’existence, ou un état de simple possibilité, mais associé au monde numérique, et s’opposant alors au monde physique, le monde virtuel actuel est un monde informatique qui envahit notre quotidien, parfois pour le simplifier, parfois pour rendre possible ce qui était autrefois très difficile, voire impossible, et parfois à la recherche de nouvelles expériences.
Alors qu’en est-il de ce congrès, qui a affiché plus de 40 000 connexions, bien plus que tous les congrès de neurologie clinique de l’avant COVID-19. Dans la configuration inédite de cette année 2020 et d’un confinement de presque toute la planète, ce congrès virtuel a permis à un évènement dont la tenue était impossible de rester une réalité… virtuelle.
Comme toute nouvelle aventure, nous avons assisté, le plus souvent en simple spectateur, à un succès, à ses difficultés, aux atouts et aux faiblesses de l’exercice. Chacun en fonction de son expérience de visite ou de sa participation virtuelle aura aimé, un peu, beaucoup, ou détesté, un peu, beaucoup, et tous les participants auront probablement un avis tranché.
L’inscription à cet événement était gratuite pour tous, ce qui a probablement participé au nombre très élevé de personnes qui se sont connectées au moins une fois.
Le programme était fidèle au programme du congrès, certes un peu allégé et sa visualisation sur le site était simple et rapide. Les intervenants pouvaient être vus et entendus en vidéo, et leurs présentations en règle visibles sauf lorsque qu’apparaissaient des messages d’erreur sur fond gris « Be right there. Slow connection? » ou « Waiting for the media ».
Bien sûr, les rencontres et les discussions informelles entre collègues ont disparu. Tout cet aspect d’émulation scientifique, de creuset d’idées et de projets a sombré dans la révolution numérique. Certains diront que l’absence de déplacement national ou international a fait gagner du temps, mais comment utiliserons-nous ce temps rendu disponible ? Cet événement, que j’ai des réticences à qualifier de congrès, a également participé à la diminution de la pollution, à la préservation d’un équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Dans ce numéro de Neurologies, nos collègues vous rapportent les aspects scientifiques qui les ont intéressés, mais aussi leur vécu, leurs espoirs, leurs craintes vis-à-vis de ce qui pourrait être un mode de communication de l’avenir… ou pas.
Alors pour ou contre, ce sera à vous de voir…

 

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